Communiqué de François de Rugy - 2nd tour de la primaire de la gauche

Les électeurs de la primaire de la gauche ont placé Benoit Hamon et Manuel Valls en tête du premier tour. 

 

Avec ma directrice de campagne Véronique Massonneau, j'ai rencontré ce lundi les deux candidats finalistes pour savoir s'ils étaient prêts à reprendre certaines des 66 propositions de mon projet.

 

Si les discussions ont été sérieuses et apaisées, ni Benoît Hamon ni Manuel Valls n’ont apporté des éléments nouveaux pour justifier un éventuel soutien.

 

Dans la campagne pour le premier tour de la primaire, j’ai défendu une écologie pragmatique et responsable, qui a été soutenue par plus de 60000 électeurs. Pour le second tour, je ne me résous pas aujourd’hui à devoir choisir entre écologie et responsabilité. 

 

Si Benoit Hamon a effectivement verdi son idéal socialiste, je continue de penser que son programme économique est irresponsable : la multiplication des promesses coûteuses et non- financées est incompatible avec l'exercice des responsabilités et condamne la gauche à se cantonner dans l'opposition. Je pense en particulier au revenu de base qui ne correspond pas au modèle de société que je défends et qui est impossible à financer, sauf à augmenter à nouveau massivement les impôts.

 

Par ailleurs, aucune réponse n'a été donnée par Benoît Hamon sur la manière de mettre en œuvre concrètement la transition énergétique, notamment les transformations d'EDF que cela implique.

 

Enfin, sa proposition de blocage législatif par des minorités agissantes dite « 49.3 citoyen » ainsi que sa conception ambigüe de la laïcité sont des éléments supplémentaires qui empêchent pour moi de soutenir sa candidature.

 

Pour sa part, Manuel Valls présente certes un projet plus réaliste, une ligne économique responsable, crédible en matière d’emploi mais aussi en matière de sécurité.

 

Mais ses propositions en matière d'écologie demeurent vagues et il reste en retrait sur les réformes démocratiques et les réformes dites de société. Il m'a indiqué qu'il s'attacherait à convaincre prioritairement les électrices et aux électeurs qui ne sont pas venus voter au premier tour de cette primaire. Il lui revient donc de s'adresser directement à celles et ceux qui ont voté pour moi au premier tour s'il veut les convaincre de voter pour lui au deuxième tour.

 

J’ai participé à cette primaire de la gauche pour mettre l’écologie au cœur du projet présidentiel et pour participer au rassemblement de la gauche. Or, à l’occasion de ce second tour, je crains d’assister finalement à un pré-congrès d’un Parti Socialiste affaibli, dont l’objet ne serait plus que de décider sa « ligne politique pour les années à venir » et de désigner un chef de parti cantonné dans l'opposition.

 

Alors que Marine Le Pen n’a jamais été aussi proche des portes du pouvoir et que la droite de François Fillon défend un projet très conservateur voire réactionnaire, je souhaite que la gauche se rénove et soit porteuse pour la France et l'Europe d'un projet moderne et crédible, répondant aux réalités vécues par nos concitoyens.