Pour reconquérir la biodiversité en ville, mise en place d’une stratégie nationale de végétalisation urbaine

Un grand plan national de végétalisation des métropoles sera mis en place. Il fixera une surface minimale d’espaces verts (parcs, jardins, squares, chemins, mais aussi toitures et murs végétalisés) par habitant que toutes grandes villes devront respecter. Sur le modèle de la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain (SRU), les villes qui ne se soumettront pas à cette obligation seront sanctionnées par un prélèvement sur leur budget de fonctionnement pouvant aller jusqu’à 7,5%.

 


Les villes françaises sont plus faiblement pourvues en espaces verts que celles d’Europe Centrale et d’Europe du Nord : Paris compte moins de 10m2 d’espaces verts par habitant, contre 30 m2 pour Bruxelles, 45 m2 pour Berlin et 100 m2 pour Helsinki.

 

La végétalisation des zones urbanisées apparaît pourtant comme une priorité à bien des égards :

 

C’est d’abord une demande forte exprimée par les citadins. Une étude réalisée en 2014 révélait ainsi que 7 français sur 10 cherchent en priorité à vivre à proximité d’un espace vert. La présence d’espaces verts est unanimement reconnue comme un facteur de « mieux vivre »  qui se traduit par une diminution des troubles de l’anxiété (-31%) et des cas de dépressions (-25%).

 

C’est ensuite un impératif écologique. Alors que les villes subissent de plus en plus violemment les effets des pics de pollution, du réchauffement climatique, et des catastrophes météorologiques, les initiatives de revégétalisation permettent de fixer les particules, de faire baisser la température urbaine, et de réduire les risques d’écoulement.

 

C’est enjeu de santé publique : les expositions environnementales urbaines ont des effets sanitaires avérés: troubles respiratoires, maladies chroniques, réactions au stress. Sur chacune de ces  pathologies, la présence d’espaces verts a des effets positifs. Une étude réalisée aux Pays-Bas a permis d’établir qu’une augmentation des 10% des espaces verts permettait de faire chuter l’asthme de 23%, les AVC de 17% et les migraines de 15%.

 

C’est enfin une évidence économique, puisqu’en réduisant la prévalence de maladies chroniques, les espaces verts permettent de réaliser des économies substantielles sur nos dépenses de santé (près de 100 millions d’euros pour 10% d’espaces verts supplémentaires), les toitures végétalisées et le couvert forestier permettent également de faire baisser notre facture énergétique, et la présence d’un espace vert à moins de 100 mètres d’une habitation peut représenter jusqu’à 10 000 euros de plus-value.

 

A la lumière de ce diagnostic, un grand plan national de végétalisation sera mis en place. Il fixera des surfaces minimales d’espaces verts par habitant et imposera la présence d’un espace vert public dans un rayon de moins de 500 mètres de chaque habitation. Les communes qui ne respectent pas ces objectifs se verront infliger un constat de carence et, le cas échéant, un prélèvement  de leur budget de fonctionnement pouvant atteindre 7,5%.